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N’Guettia Assouman : le nouvel ambassadeur de la noix de cajou ivoirienne

Élu président de l’Association des exportateurs de cajou de Côte d’Ivoire (AECI) le 15 janvier dernier, Alex N’Guettia Assouman est une figure centrale de la filière anacarde dans le pays. Portrait d’un dirigeant aussi entreprenant dans les affaires qu’apprécié de ses pairs.  

Par Issiaka N’Guessan, à Abidjan 

Du haut de son mètre 67, Alex N’Guettia Assouman est incontournable dans la filière de l’anacarde ivoirienne : outre la présidence du conseil de gestion de la coopérative Pinda Boroko, l’homme dirige plusieurs entreprises actives sur ce segment. Une position d’acteur clé qui explique sans doute qu’il ait été élu, le 15 janvier dernier, à la tête de l’Association des exportateurs de cajou de Côte d’Ivoire (AECI), une organisation forte de 140 exportateurs- nationaux et étrangers- et dont il était jusque-là vice-président. La reconnaissance ultime d’un engagement entamé plus de deux décennies plus tôt.

De commercial à PDG

L’aventure démarre en 1999. Après une première expérience professionnelle de commercial, le futur patron de l’AECI se fait embaucher comme directeur chargé des opérations à UCABCI, une coopérative de coton et d’anacarde. Un poste idéal pour comprendre avant tout le monde les opportunités offertes par la filière de la noix de cajou, en pleine croissance : De 70 000 tonnes en 1999, la production ivoirienne d’anacarde a bondi à 350 000 tonnes en 2010 pour franchir la barre symbolique du million de tonnes en 2021 (1,123 million de tonnes, dont 813 000 tonnes exportées).

Alex N’Guettia Assouman décide alors de se lancer dans le grand bain et crée SIDCOM, une société ivoirienne de commerce qui, entre 2000 et 2003, se taille une réputation en tant qu’interlocutrice reconnue des acheteurs indiens, très gros importateurs de noix de cajou ivoirienne. Entre-temps, il récupère des jeunes en quête de repères et les intègre dans la filière et des secteurs associés tels que le transport et la logistique, jamais très éloignés de la noix de cajou. Au total, l’entrepreneur emploie aujourd’hui une vingtaine de jeunes, garçons et filles, dans ses différentes sociétés.

En parallèle, de 2003 à 2008, il intègre l’OTIFA, l’organisation transitoire de gestion de la filière anacarde- en pleine réorganisation à cette période- avant de s’engager au sein du GEPPA (Groupement des exportateurs et professionnels de produits agricoles), dont il devient le secrétaire général. C’est que cette boule d’énergie a réussi à se rendre indispensable auprès de multinationales telles qu’OLAM, le géant singapourien du négoce de denrées alimentaires, avec lequel il collabore.

« Avoir un savoir-faire »

Aujourd’hui, à la tête de l’AECI, sa feuille de route est clair : il faut passer « de l’exportation à la transformation »,  une étape cruciale qui constitue « l’objectif final, source de notre existence dans la filière », assure Alex N’Guettia Assouman. Les autorités ivoiriennes, par la voix du Conseil coton-anacarde (CCA), qui gère la filière, ont de fait annoncé en novembre dernier que le pays aller se doter de trois nouvelles usines en vue de tripler dès cette année sa capacité de transformation de la noix brute, pour la porter à 300 000 tonnes par an. Une chose est sûre, le nouveau dirigeant élu pourra compter sur le soutien des membres de l’AECI, nombre d’entre eux ne tarissant pas d’éloges. « C’est lui qu’il fallait à la tête de l’association des exportateurs vu son expérience et son engagement pour les exportateurs nationaux que nous sommes, et la dynamique dans laquelle il préside aujourd’hui l’AECI. Nous ne pouvons que l’accompagner pour l’atteinte de ses objectifs », soutient ainsi Bamba Laciné, le président de la société CAD Scoop, qui décrit Alex N’Guettia comme « quelqu’un de rassembleur, dynamique [et] qui essaie de trouver des solutions aux problèmes des acteurs de la filière cajou ». Pour valoriser au mieux le produit d’origine ivoirienne sur le marché mondial de la noix de cajou, le nouveau dirigeant de l’AECI a son idée. « Il faut défendre la qualité, faire respecter le prix fixé par le gouvernement tout en suivant le marché d’autant plus qu’il n’y a pas de bourse de la noix de cajou, contrairement au café ou au cacao », soutient-il.

L’entrepreneur ivoirien reconnaît toutefois que face aux « ogres » du cajou que sont l’Inde et le Vietnam- les deux premiers importateurs mondiaux, qui transforment chez eux l’anacarde brute achetée ailleurs- « les 14% de taux de transformation de la Côte d’Ivoire sont dérisoires ».

« Être celui qui a boosté les nationaux à devenir des champions »

Pas de quoi cependant abattre l’optimisme et l’ambition d’Alex N’Guettia Assouman. Orphelin, il pense que ses parents auraient été « fiers » de lui, notamment de son abnégation au travail. En retour, il dit aujourd’hui « apporter aide et conseils à la nouvelle génération de jeunes nationaux», tout en assumant son côté épicurien. Ce féru de cuisine ivoirienne dit adorer le foutou igname à la sauce gnangnan, « comme un bon Bron », précise celui qui aurait rêvé être « enseignant de mathématiques » avant de devenir un grand patron de la filière cajou de son pays.

Aujourd’hui, le dirigeant de l’AECI nourrit un rêve : « être celui qui a boosté les nationaux à devenir des champions ». Dans son bureau, à Abidjan-Treichville, situé non loin du port, c’est toujours la cohue. Financement pour les achats bord champ, négociations avec les importateurs, questions liées au GEPPA…. Tout s’y discute. Mais au-delà des va et vient incessants autour du président de l’AECI, l’essentiel est ailleurs : cette année, le pays devrait franchir la barre du 1 million de tonnes de noix brute exportées. Un record mondial absolu, qui fait d’ores et déjà de la Côte d’Ivoire, la championne incontestée de la filière anacarde à l’exportation.

Ce message est également disponible en : AnglaisArabe

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